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mardi 6 novembre 2007

Mario Dumont rugit


Ce texte est également publié sur la page du média citoyen cent papiers ainsi que sur Québec en blogues.

Le petit gars de Rivière-du-Loup se sentirait-il menacé? C’est un peu ce que laisse croire sa petite démonstration de force survenue mardi en fin de journée. En faisant cette annonce du dépôt d’une motion de blâme à l’endroit du gouvernement libéral de Jean Charest, le chef adéquiste a tout simplement voulu rappeler aux Québécois que c’était lui le chef de l’opposition officielle et que ce n’était pas Madame Marois.

M. Dumont savait très bien que sa motion ne serait pas appuyée par le Parti québécois. Ce geste est donc purement stratégique. Il veut démontrer que les « vieux partis » sont de connivence, ensemble, et que lui est à part. Il sait pertinemment bien que le PQ n’est pas dans une situation financière idéale pour partir en campagne. Il sait aussi que Pauline Marois n’a pas encore eu le temps nécessaire pour repenser et remodeler le programme. Également et peut-être même surtout, il connaissait très bien la position du PQ sur les commissions scolaires. Alors, s’il savait que cette motion ne ferait pas tomber le gouvernement, cela devient évident que ce geste n’avait que pour seul but de démontrer, qu’encore une fois, les « vieux partis » sont d’un bord et lui de l’autre. C’est une stratégie qui finira probablement par payer. Le Parti québécois devra travailler intelligemment s’il ne veut pas tomber dans le piège que lui tend l’ADQ. Le parti de Marois devra trouver une solution pour se distancer de Charest tout en gardant le gouvernement vivant jusqu’à ce les finances aient retrouvé une certaine santé et le programme un nouvel élan.

Par contre, derrière l’apparence de faiblesse du Parti québécois se dessine de plus en plus une menace pour l’ADQ. Il est fort à parier que Mario Dumont n’a pas aimé le déroulement des dernières semaines. Il a certainement senti que le PQ voulait reprendre l’initiative sur le dossier de l’identité. Malgré le fait que le projet de loi 195 de Marois ait été critiqué de toute part dans les médias, Dumont est bien conscient que le PQ a repris le devant de la scène depuis ce temps là. Si on ajoute à ça des sondages plus ou moins encourageants, il est normal qu’une certaine frustration gagne le chef adéquiste. Aujourd’hui, en rugissant tel un lion prêt à affronter le chef du groupe, Mario Dumont a voulu démontrer à tous, qu’il était LE chef de l’opposition officielle et que c’était lui le prochain à devenir Premier Ministre.

7 commentaires:

Renart L'éveillé a dit…

Très bonne analyse!

Je te le prendrais bien celui-là aussi pour « Le Québec en blogues » si ça te convient...

Emmanuel a dit…

Merci renart. Vas y sert toi ! Ça me fait plaisir de collaborer avec toi.

Renart L'éveillé a dit…

Merci, t'es en feu!

Hortensia a dit…

Ton analyse est juste, mais je dirais qu'il s'agit d'un miaulement plutôt que d'un rugissement.;-) Dumont sent la soupe chaude (son parti est en baisse) et sa motion de blâme à l'intention du gouvernement est plus ridicule qu'autre chose.

payeur de taxes a dit…

Que pense t-il de la baisse de la tps??

Sargad a dit…

"...Mario Dumont a voulu démontrer à tous, qu’il était LE chef de l’opposition officielle et que c’était lui le prochain à devenir Premier Ministre."

Tu peux toujours rêver... cette motion de blâme, c'est plutôt maladroit.

Emmanuel Simard a dit…

@hortensia
Je crois qu'un chef de l'opposition peut rugir :) Il n'est plus le chaton qu'il était avant les dernières élections. Qu'on le veule ou non, Dumont a pris du galon et il veut l'afficher. Cependant, j'avoue qu'il ne s'y prend peut-être pas de la meilleure façon. Son rugissement n'était pas très convaincant.

@sargad

Je crois que c'est M. Dumont qui a voulu démontrer ça en agissant ainsi. Je ne dis pas que c'est ce que je veux ou ce que je crois qui va arriver.

Merci pour vos commentaires