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samedi 26 janvier 2008

Labeaume « explose »


Le nouveau Maire de Québec, Régis Labeaume, vient de nous prouver qu’il n’avait pas encore tout à fait apprivoisé ses nouvelles fonctions de politicien municipal. Sa sortie disproportionnée et malhabile contre le représentant du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), Guy Chevrette, nous le démontre bien. En effet, comme le titrait le Média Matin Québec de vendredi, le Maire Labeaume a littéralement envoyé « paître » Chevrette.

Cette réaction fait suite à une demande du CIFQ et de M. Chevrette pour que la ville de Québec envisage d’utiliser le bois provenant du Québec, plutôt que celui de la Colombie-Britannique, dans la construction du futur stade de soccer. Réponse de M. Labeaume : «Qu’ils se mêlent de leurs affaires, ils ne viendront pas me dire comment gérer ma Ville, a explosé le maire Labeaume. On est allé en soumission, le service des approvisionnements est à examiner tout ça et on ne changera pas les règles pour Guy Chevrette.»

Ce genre d’autoritarisme est peut-être bien vu dans une entreprise privée, mais je crois que c’est un peu différent quand il est question de la gestion d’une ville. Envoyer les gens « paître » quand ils nous font des demandes courtoises, je trouve ça un peu déplacé et disgracieux. On n’est pas obligé d’accepter les demandes de tout le monde, mais il faut au moins avoir l’habileté de les rejeter gracieusement. Il ne faudrait pas que M. Labeaume oublie qu’il est le premier représentant de l’image de la ville et de sa population. Avec une telle sortie, il nous fait carrément passer pour des gens qui manquent de classe. Allez lire la lettre vous-même. Vous constaterez probablement comme moi qu’il n’y avait pas matière à envoyer promener M. Chevrette. Au contraire, je crois même que sa demande est tout à fait légitime.

Le Québec vit présentement une très grave crise dans l’industrie forestière. Plusieurs centaines d’emplois ont été perdus à travers les régions de la province. Et, malheureusement, il n’y a rien de meilleur qui s’annonce pour l’année à venir. Dans un tel contexte, comment un Maire d’une ville québécoise d’importance peut-il lever le nez aussi facilement et aussi radicalement sur le bois d’ici ? Je comprends bien que M. Labeaume a promis de gérer sa ville comme une entreprise, mais il y a de grosses différences entre la gestion d’une ville et celle d’une entreprise. Une des plus importantes est que l’économie d’une ville n’évolue pas en vase clos. Un PDG d’une entreprise a souvent intérêt à faire mourir les autres entreprises qui évoluent dans le même secteur économique que lui. Un Maire d’une ville doit agir différemment. M. Labeaume n’a absolument aucun intérêt à ce que l’économie des régions du Québec se détériore davantage. Quand une usine du Lac-Saint-Jean ferme ses portes, cela se répercute assurément sur la capacité de ses travailleurs à venir passer des fins de semaine dans la Capitale ou à venir assister au festival d’été de Québec. Il ne faut pas penser que la ville de Québec est dans une bulle. Les fermetures d’usines passées et celles à venir se répercutent assurément sur l’économie de la ville. Il faudrait être un peu idiot pour ne pas savoir cela.

Je ne suis pas en train de dire que M. Labeaume est un idiot. J’aime plutôt croire qu’il n’a pas encore réussi à se débarrasser de ses vieux réflexes de businessman. J’espère seulement qu’il se réveillera assez rapidement et qu’il reviendra sur sa décision. Il n’y aucune raison pour que Québec ne prenne pas son bois dans nos forêts. Surtout qu’une aide du gouvernement québécois aurait pu compenser pour la différence du prix entre le bois de la Colombie-Britannique et celui du Québec.

1 commentaires:

AntiPollution a dit…

Encore un qui se prend pour un autre, il n'est que le Maire de Québec après tout !

Il me fais penser de plus en plus à la Ste Famille de Ste-Foy.
Très bon billet.