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jeudi 31 janvier 2008

L’ADQ se dégonfle




Près d’un an après son élection comme opposition officielle au Québec, le parti de Mario Dumont est en train de se dégonfler. En effet, si au lendemain du scrutin du 26 mars 2007 tous les espoirs étaient permis pour les adéquistes, il en va tout autrement par les temps qui courent. En fait, si des élections provinciales avaient eu lieu au cours des dernières semaines, l’ADQ se serait retrouvé sur les banquettes du 2e groupe d’opposition à l’Assemblée nationale. C’est à tout de moins le portrait que nous brosse le dernier sondage Crop – La Presse.

Les partisans adéquistes diront assurément qu’il s’agit seulement d’un sondage et que le vrai sondage c’est le jour de l’élection que ça se passe. Ce n’est pas faux. Cependant, il y a quand même une tendance qui est en train de se dessiner. À chacun des 4 derniers sondages (Crop – La Presse), l’ADQ recule par rapport au précédent. (34%, 28%, 26%, 24% - après répartition proportionnelle de la non-réponse). La même tendance est observable quand on demande aux Québécois : qui ferait le meilleur Premier ministre. Lors des 4 derniers sondages, l’appui donné à M. Dumont a chuté constamment. (29%, 25%, 23%, 22%) Plus qu’une saute d’humeur de la part de l’électorat québécois, c’est véritablement un recul de l’Action Démocratique du Québec qu’on peut observer au Québec.

Au lendemain du 26 mars 2007, certains sympathisants adéquistes parlaient d’un nouveau 15 novembre 1976. Une nouvelle ère venait de se lever sur le Québec. Les idées adéquistes, de droites, allaient maintenant pouvoir résonner à l’Assemblée nationale et partout sur le territoire québécois. Mario Dumont affirmait même, lors de son discours de victoire, que le résultat de l’élection marquait « le début d’un temps nouveau pour le Québec ». Super Mario se voyait déjà dans la chaise du Premier ministre.

Malgré toute la couverture médiatique qu’ils ont pu avoir après cette percée surprise, les troupes adéquistes n’ont jamais su capitaliser. Ils ont bien essayé, mais sans jamais vraiment réussir. Ils ont tenté de s’affirmer sur le dossier de l’identité et des accommodements raisonnables, mais ils se sont rapidement fait voler le devant de la scène par le PQ. Ensuite, ils ont tenté de faire tomber le gouvernement sur la question des Commissions scolaires. Encore là, ce fut un échec. Les nouvelles idées révolutionnaires qui allaient chambouler le Québec, elles sont où ? Ils seraient temps que Dumont nous les présente.

Lors de la « crise » sur le dernier budget libéral, l’ADQ criait sur tous les toits que c’était la responsabilité de l’opposition de s’opposer au gouvernement. C’est effectivement le cas. Cependant, ce que les adéquistes semblent oublier, c’est que l’opposition a également la responsabilité, dans un régime parlementaire britannique, de fournir une alternative crédible au gouvernement en place. Elle doit présenter ce qu’elle ferait si elle était le gouvernement. Elle doit nous fournir des projets pour le Québec. À ce niveau, pour l’instant, l’ADQ a lamentablement échoué.

Premièrement, contrairement aux deux autres partis représentés à l’Assemblée nationale, l’ADQ n’a pas jugé bon de déposer un mémoire à la Commission Bouchard-Taylor. C’est quand même bizarre de constater, que le Parti qui a le plus surfé sur la question des accommodements raisonnables, ne considère pas important de mettre sur papier ses réflexions et ses idées et de les livrer aux commissaires. Un parti qui espère prendre le pouvoir ne peut pas se tenir à l’écart d’un débat intellectuel d’une telle importance. Ça ne fait pas très sérieux. Peut-être que Mario Dumont avait peur de changer d’idée entre le dépôt de son mémoire et la sortie du rapport des commissaires …

Ensuite, ce fut l’épisode des élections scolaires. Avec un taux de participation autour de 8%, Super Mario en est venu à la conclusion qu’il était pertinent de faire tomber le gouvernement afin de pouvoir mettre la hache dans le réseau des Commissions scolaires. Au premier coup d’œil, l’idée d’abolir le gouvernement scolaire peut sembler intéressante. Comme je l’ai souvent dit et écrit, étant très sensible à la question de l’éducation, il m’est impossible de rejeter du revers de la main l’idée d’abolir les Commissions scolaires. C’est une solution qui doit être envisagée. Par contre, il faut avoir des idées pour pouvoir remplacer ce palier gouvernemental. Et ces idées, l’ADQ ne les avait pas. C’est vendeur de dire qu’on va démembrer les Commissions scolaires et en même temps couper le budget de près de 9 milliards qui va avec. Mais pour les remplacer par quoi ? On ne met pas la hache dans une structure qui représente une part importante du budget de l’État sans savoir exactement comment on va la remplacer. Ils avaient certainement quelques réponses et quelques suggestions, mais rien de très cohérent et de compréhensible aux yeux de la population. Ce qui est ressorti de cet épisode, plus qu’autres choses, c’est que l’ADQ, une fois de plus, avait des propositions bien simplistes et bien peu étoffées pour régler un problème bien complexe.

Depuis l’élection de mars 2007, l’ADQ n’a pas réussi à démontrer qu’il pouvait représenter une alternative crédible au gouvernement Charest. Malgré le fait que 41 députés adéquistes siègent à l’Assemblée nationale, l’ADQ est toujours le parti d’un seul homme pour bon nombre de Québécois. Moi-même, qui demeure dans le bastion adéquiste de Québec et qui étudie en Science politique, j’aurais de la difficulté à nommer plus de 5-6 députés. Serait-ce que Mario veut cacher ses députés et les idées qu’ils défendent ? Il est permis de le croire.

De plus en plus, l’ADQ semble être une balloune qui se dégonfle ; un parti qui est vide de nouvelles idées. Mario Dumont, qui se prenait pour René Lévesque le soir du 26 mars 2007, ne serait-il pas qu’une simple girouette trop étourdie pour savoir réellement dans quelle direction les Québécois veulent aller ?

5 commentaires:

two a dit…

Mario Dumont is God, don't worry he will revenir en force to put the Parti Quebecer dans les oubliettes of the Assemblée Nationale. No one in Québec is better then him to tourner à droite et cutter dans les welfares et les stupid money qu'on throw away par les windows. Check out the next year, Jean Charest will be dégonflé and Pauline Marois will be caput, so Mario will return to popularity with a very beau sourire dans sa face.

lutopium a dit…

two: un gars de Montréal, sans doute...

j'ai lu ton article sur Cent Papiers, j'y ai laissé un commentaire. Bon article. Je suis venu faire un tour sur ton blogue.

lutopium a dit…

two: un gars de Montréal, sans doute...

J'ai lu ton article sur Cent Papiers et y ai laissé un commentaire. Bon article. J'en profite pour visiter ton blogue. Salut!

Emmanuel Simard a dit…

Merci pour vos commentaires !

@two: Si tu veux, à l'avenir, tu peux écrire tes commentaires en anglais. Cela ne m'offusquera pas du tout ! Pour ce qui est du contenu de votre commentaire, je n'ai pas grand-chose à dire. Je remarque seulement que vous semblez être un fervent partisan de Mario. La partisanerie semble vous aveugler. J'espère seulement que vous ne serez pas trop triste quand il quittera après les prochaines élections.

@lutopium: Merci de venir visiter mon blogue. Passe le mot à tes contacts. Je fais de même, depuis bien longtemps, pour UHEC.

Merci encore !!

iquitoss a dit…

@Two, s'il comprenait mieux la langue de René Lévesque, il n'aurait probablement pas la même opinion de Dumont et sa bande d'opportunistes.

C'est dommage d'avoir une pensée politique si peu évoluée, à la lumière, je crois, de tous ces adéquistes qui votent pour la saveur du mois ou comme à Star Académie, ce qui est dommage dans tout ça c'est que voter comme à Sta Académie c'est une chose mais ici on parle de gouvernance...

Lors de la dernière élection, on a passé proche d'élire un gouvernement contrôlé par un seul homme et ses idées de droite absurdes, mais bon, il n'aurait pas fait long feu.