L'illusion canadienne
La semaine dernière, le commissaire aux langues officielles a déposé son rapport annuel sur l’état du bilinguisme au Canada. Comme depuis de nombreuses années, le rapport est assez catastrophique. Si en théorie le Canada est un pays bilingue, en pratique il n’en est rien. En fait, le Canada n’aura jamais été bilingue ailleurs que dans les rêves fantasmagoriques de Pierre-Eliott Trudeau et de certains autres hurluberlus.Croire que le Canada peut offrir à ses citoyens francophones et anglophones les mêmes services, peu importe où ils se trouvent, relève totalement de l’imaginaire. Et cet imaginaire, André Pratte tente de nous y plonger en essayant de nous convaincre qu’il est encore possible de relancer le bilinguisme canadien. Il doit bien être un des seuls à croire encore possible un tel miracle.
Pourtant, dans son texte, M. Pratte nous explique clairement pourquoi il y aura toujours une « tendance à l’anglicisation » dans les institutions gouvernementales canadiennes : « Dans un pays de plus en plus multiculturel, où les francophones ne comptent plus que pour 4% de la population hors Québec contre 23% pour les allophones, la tendance à l'anglicisation, notamment au sein des institutions gouvernementales, sera toujours forte. » Dans ce contexte, comment peut-il croire possible de relancer le bilinguisme? Selon lui, il y a uniquement un leadership fort de la part du gouvernement qui pourrait faire changer les choses. Moi je crois plutôt qu’il faudrait que la population ait le réel désir de faire du Canada un pays bilingue. Malheureusement pour M. Pratte, il n’en est rien.
En réalité, ça fait près de 40 ans que le commissariat aux langues officielles nous dit que le bilinguisme canadien se porte mal. Selon moi, ce bilinguisme n’a jamais existé et il n’existera jamais. Comme je le disais plus tôt, le bilinguisme a été un outil qu’a utilisé Pierre-Eliott Trudeau pour nous faire croire en son beau grand rêve du « One Canada, one nation ». Cependant, comment le Canada peut-il se vanter d’être un pays bilingue qui sait concilier sa dualité linguistique et culturelle quand il est à peu près impossible d’établir un consensus dans la population autour du fait que les juges de la Cour suprême devraient être bilingues? Un citoyen francophone devrait pouvoir se faire servir en français dans les avions d’Air Canada, mais les juges de la plus haute Cour du pays n’auraient pas à être bilingues ? C’est quand même un peu absurde. En fait, c’est le bilinguisme canadien qui est absurde.
Personnellement, je crois qu’il est impossible de faire du Canada un pays bilingue. Et vous savez quoi? Ça ne me dérange pas plus que ça. Je trouve même ça normal. Si je voyage dans d’autres provinces du Canada, je trouve ça tout à fait correct et normal d’être servi en anglais. C’est la langue qui se parle dans ce pays. Je n’ai absolument aucun problème avec ça. Si je prenais la décision d’aller vivre dans une autre province, j’accepterais volontiers de recevoir mes services en anglais. Car le Canada est un pays anglais, comme le Québec est français. Évidemment, je suis pour qu’on continue à fournir des services dans les deux langues pour les minorités linguistiques, qu’elles soient anglophones au Québec ou francophones ailleurs au Canada. Mais ce ne sera jamais rien d’autre qu’un accommodement raisonnable. Le Canada ne sera jamais la belle nation bilingue qu’aurait aimé construire Pierre-Eliott Trudeau. Le Canada est plutôt un pays anglophones dans lequel une minorité francophone, principalement localisée au Québec et au Nouveau-Brunswick, tente d’assurer sa survie. Et si cette survie pouvait être assurée, ça serait déjà une bonne chose de fait.
Au lieu de diluer les efforts à travers tout le Canada afin de faire survivre l’illusion d’un bilinguisme canadien, il serait peut-être prioritaire pour le gouvernement fédéral de s’assurer que dans la seule province francophone du Canada, les citoyens soient en mesure de recevoir des services dans leur langue; particulièrement quand ces citoyens sont dans une situation de détresse : « La dernière histoire d'horreur à se produire est ce douloureux incident entourant la mort des quatre pêcheurs madelinots, ce printemps. Les familles touchées par ces noyades étant unilingues françaises, elles n'ont pas pu s'enquérir de l'évolution des recherches auprès de la Garde côtière unilingue anglaise de Halifax. Même dans le désarroi, on réussit à nous faire subir l'intolérable. » (L'Acadie Nouvelle Opinion, mardi, 3 juin 2008, p. 13 Chroniqueur Graham Fraser et les langues officielles fédérales Jean-Marie Nadeau) Avant d’avoir la prétention d’être un pays bilingue Coast to Coast, je crois que le gouvernement canadien devrait d’abord s’assurer d’être capable d’offrir des services en français à tous les Québécois. Et malheureusement, ce n’est pas toujours le cas.
Source de la photo : Flickr - ndgmtlcd








1 commentaires:
Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l'avance!
CENTRE-VILLE DE MONTREAL
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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un demi-millier d'infractions possibles à la loi 101!
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html
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