Une histoire sans fin
L’affaire Bernier-Couillard semble ne pas avoir de fin. Il y a de nouveaux éléments qui s’ajoutent pratiquement tous les jours. Hier, Patrick Lagacé se questionnait sur le « rôle énigmatique » que le V.P. exécutif de Quebecor, Luc Lavoie, aurait pu jouer en assistant à l’entrevue de Julie Couillard. En fait, est-ce qu’il a joué un rôle ? Était-il un simple spectateur ou est-il intervenu d’une quelconque façon? Ce sont des questions très intéressantes à laquelle les journalistes finiront bien par répondre. Aujourd’hui, pour ajouter encore à l’histoire, on apprend que « Lavoie et Couillard ont déjeuné ensemble » deux jours avant l’entrevue. Ce dernier élément, évidemment, justifie encore plus les doutes face à la neutralité de M. Lavoie dans l’entrevue de Couillard.
Je ne connais vraiment pas grand-chose au monde médiatique, mais j’imagine qu’à la limite, un V.P. exécutif pourrait avoir des raisons de vouloir assister à une entrevue de ce genre. Comme il l’a dit lors d’une entrevue au Devoir : «Je suis vice-président exécutif de Quebecor. TVA est une filiale de Quebecor et parfois, je suis sur les lieux quand un événement exceptionnel se déroule.» (Le Devoir LES ACTUALITÉS, mercredi, 4 juin 2008, p. a2 Quel rôle Luc Lavoie a-t-il joué? - Buzzetti, Hélène) Par contre, il me semble que c’est un peu moins justifiable d’aller déjeuner avec le sujet de l’entrevue 2 jours avant. Il me paraît évident que M. Lavoie voulait savoir ce qui allait se dire dans l’entrevue. Pourquoi et pour qui ? Avait-il des motivations purement et simplement professionnelles ou est-ce qu’il voulait avertir ses anciens collègues conservateurs des coups qui s’en venaient ? Encore là, j’imagine qu’à ces questions nous finirons par avoir des réponses.
Outre l’entrée en scène de M. Lavoie, le refus de Harper, Bernier et Day de témoigner à l’enquête du comité de la chambre sur l’affaire Bernier-Couillard a également suscité beaucoup de réactions. Parmi elles, André Pratte se demande : Que cachez-vous, M. Harper? Dans son texte avec lequel, pour une fois, je suis d’accord, il soulève la « tendance malsaine » qu’a le gouvernement Harper de ne pas vouloir rendre des comptes. Selon lui, le refus de témoigner dans l’affaire Bernier-Couillard est une autre démonstration de cette « tendance malsaine » et cela est loin d’être banal; c’est un accroc à la démocratie parlementaire : « En refusant de témoigner devant le comité de la sécurité publique, M. Bernier et les membres de ce gouvernement foulent aux pieds les fondements de la responsabilité ministérielle et de la démocratie parlementaire. »
Il y a certainement beaucoup de gens qui croient que l’attention qu’on porte à cette histoire est tout à fait disproportionnée. Pour ma part, je commence à être de plus en plus intéressé par cette histoire. Il y a tellement de questions sans réponses. Et j’ai l’impression que plusieurs de ces réponses amèneraient encore bien des questions. Une histoire sans fin.









0 commentaires:
Enregistrer un commentaire